Ménopause

Ménopause : ces aliments riches en œstrogènes qui aident à réduire les symptômes

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Résumé

Les aliments les plus riches en œstrogènes naturels (phyto-œstrogènes) sont les graines de lin (380 mg/100g de lignanes), le soja sous toutes ses formes : tofu, tempeh, edamame (jusqu'à 100 mg/100g d'isoflavones) et les graines de sésame.

Les légumineuses (pois chiches, lentilles..) en contiennent en moindre quantité, tout comme certains fruits : baies, pomme, abricots secs. Les crucifères (brocoli, chou) soutiennent quant à eux le métabolisme hormonal.

Sommaire

  1. 01. Comprendre le rôle des phyto-œstrogènes face à la chute hormonale
  2. 02. Le top 7 des aliments les plus riches en œstrogènes naturels
  3. 03. Sauge, houblon et iode : d'autres pistes à connaître
  4. 04. Comment optimiser l'efficacité de ces aliments au quotidien ?
  5. 05. Ménopause : quels bénéfices réels attendre de ton assiette ?
  6. 06. Précautions et controverses : le soja est-il sans danger ?
  7. 07. Repas types pour un meilleur équilibre hormonal
  8. 08. Vers une transition naturelle et sereine

Bouffées de chaleur, fatigue inexpliquée, peau qui tiraille, moral en montagnes russes… Beaucoup de nos clientes nous rapportent les mêmes symptômes de périménopause ou de ménopause. Derrière la majorité de ces désagréments, il y a un dénominateur commun : la chute progressive de tes œstrogènes. J’ai rédigé cet article avec Juliette qui est diététicienne, spécialisée en santé féminine. On va voir ensemble comment en adaptant tes repas tu peux traverser cette période plus sereinement.

Certains végétaux contiennent des phyto-œstrogènes, des molécules naturelles capables d'interagir avec tes récepteurs hormonaux pour compenser en partie cette baisse. Dans cet article, on fait le point sur les aliments les plus intéressants, ce que la science en dit vraiment, et comment les intégrer dans ton quotidien sans tomber dans les idées reçues.

Comprendre le rôle des phyto-œstrogènes face à la chute hormonale

À la ménopause, ta fonction ovarienne ralentie puis diminue très fortement la production des œstrogènes et de la progestérone. Cette chute hormonale ne se fait pas du jour au lendemain : elle s'installe progressivement sur plusieurs années (c'est ce qu'on appelle la périménopause, souvent marquée par des cycles irréguliers), et elle impacte de nombreux tissus de ton corps.

Les signes classiques d'un manque d'œstrogènes :

  • Des bouffées de chaleur et des sueurs nocturnes
  • Une sécheresse de la peau et des muqueuses
  • De la fatigue et des troubles du sommeil
  • Des variations d'humeur (irritabilité, anxiété, baisse de moral)
  • Une baisse de libido
  • Une perte de densité capillaire
  • Une prise de poids, surtout au niveau abdominal

C’est là qu’entrent en jeu les phyto-œstrogènes. Ce sont des molécules végétales dont la structure chimique ressemble à celle de l’estradiol, l’œstrogène principal de la vie reproductive, dont la production chute fortement à la ménopause (1). Grâce à cette ressemblance, elles peuvent se fixer sur tes récepteurs d’œstrogènes et exercer une activité hormonale faible, qui vient partiellement compenser cette baisse.

Il existe trois grandes familles de phyto-œstrogènes :

  • Les isoflavones, que l'on retrouve surtout dans le soja et les légumineuses
  • Les lignanes, présentes dans les graines de lin, de sésame, les céréales complètes et certains fruits
  • Les coumestanes, que l'on trouve dans le trèfle rouge ou la luzerne

Leur puissance est bien inférieure à celle des œstrogènes produits par ton corps (environ 100 à 1 000 fois plus faible que l'estradiol). Ce n'est donc pas un remplacement hormonal, mais plutôt un soutien alimentaire doux qui peut, chez certaines femmes, contribuer à atténuer les symptômes les plus gênants.

Pour soutenir ton organisme durant cette transition, nous avons sélectionné des solutions naturelles ciblées. Découvre notre gamme dédiée à la périménopause et ménopause pour t'aider à retrouver sérénité et confort au quotidien.

Le top 7 des aliments les plus riches en œstrogènes naturels

Tous les aliments contenant des phyto-œstrogènes ne se valent pas. Voici un aperçu de leur concentration :

Aliment Type de phyto-œstrogène Teneur estimée (mg/100 g)
Graines de lin Lignanes ~380 mg
Graines de soja Isoflavones ~100 mg
Tofu / Tempeh Isoflavones ~20 à 40 mg
Edamame cuit Isoflavones 18 mg
Graines de sésame Lignanes ~8 mg


1. Le soja sous toutes ses formes : l'allié n°1

Tofu, tempeh, edamame, lait de soja… le soja est de loin la source alimentaire la plus concentrée en isoflavones, principalement la génistéine et la daidzéine. Un verre de lait de soja (200 ml) apporte environ 20 à 30 mg d'isoflavones, et les études indiquent qu'une consommation d'environ 40 à 80 mg par jour pourrait avoir des effets bénéfiques sur les symptômes de la ménopause (2).

Une étude confirme que la prise d'isoflavones de soja réduit la fréquence des bouffées de chaleur d'environ 20 % et leur intensité d'environ 26 % par rapport à un placebo (3). Les effets sont plus marqués avec des dosages contenant au moins 18,8 mg de génistéine.

Un fait intéressant : les femmes asiatiques, dont l'alimentation est traditionnellement riche en soja, sont nettement moins touchées par les bouffées de chaleur. Les données épidémiologiques montrent que moins de 25 % des femmes japonaises en souffrent, contre plus de 80 % des femmes occidentales (4). Évidemment, d'autres facteurs culturels et génétiques entrent en jeu, mais l'alimentation riche en phyto-œstrogènes est une piste sérieuse.

En pratique : privilégie les formes fermentées comme le tempeh, le miso, le natto, le soja lactofermenté ou le yaourt au soja nature (et non les crèmes dessert, souvent très sucrées), que tu trouveras facilement en magasin bio. La fermentation améliore la digestibilité du soja et favorise l’absorption des isoflavones par ton organisme. Le natto a un goût et une texture très particuliers qui demandent un peu d’habitude, mais il reste l’un des aliments les plus riches en isoflavones. Côté cuisson, les isoflavones sont relativement stables à la chaleur, si bien que cuire ton tofu ou tes edamame ne détruit pas leurs phyto-œstrogènes. Si tu achètes des graines de soja sèches, fais-les tremper au moins 24 heures et cuis-les toujours avant de les consommer, alors que les edamame, qui sont des graines fraîches, peuvent être cuits directement. Plus largement, n’hésite pas à faire tremper toutes tes légumineuses (pois chiches, lentilles, haricots…), car le trempage les rend plus digestes et améliore l’absorption de leurs nutriments.


2. Les graines de lin : les championnes des lignanes

Avec environ 380 mg de lignanes pour 100 g, les graines de lin sont l'aliment le plus riche en phyto-œstrogènes au monde. Elles contiennent du sécoisolaricirésinol, un précurseur que tes bactéries intestinales transforment, selon la composition de ton microbiote, en entérolactone et en entérodiol, deux composés à activité œstrogénique (5).

Une étude clinique randomisée a montré que la supplémentation en graines de lin modifie le métabolisme des œstrogènes chez les femmes ménopausées de façon plus marquée que le soja, en favorisant la production de formes d'œstrogènes moins biologiquement actives (6). Ce mécanisme pourrait être protecteur pour les tissus sensibles aux hormones.

Par ailleurs, un essai contrôlé mené sur des femmes en périménopause a observé une diminution significative des symptômes de la ménopause après trois mois de supplémentation en graines de lin moulues, avec une augmentation des métabolites de lignanes dans les urines (7).

En pratique : consomme-les moulues (entières, elles traversent ton système digestif sans être absorbées). Idéalement, mouds-les au fur et à mesure : très riches en oméga-3, elles s'oxydent rapidement et ne se conservent que quelques jours au réfrigérateur une fois moulues. Une à deux cuillères à soupe par jour dans un yaourt, un smoothie ou une salade, c'est suffisant.

3. Le trèfle rouge : un concentré hormonal sous-estimé

Le trèfle rouge contient quatre isoflavones majeures (biochanine A, formononétine, génistéine et daidzéine), ce qui lui confère un profil phyto-œstrogénique plus complet que le soja seul. Il est surtout consommé sous forme de compléments alimentaires ou d'infusions.

Que dit la science ? Une méta-analyse de 2021 nous montre une réduction statistiquement significative de la fréquence des bouffées de chaleur chez les femmes prenant un complément à base d'isoflavones de trèfle rouge par rapport au placebo (environ 1,7 bouffée de chaleur en moins par jour) (8). Cet effet était surtout observé chez les femmes ayant plus de 5 bouffées de chaleur par jour, avec un dosage d'au moins 80 mg d'isoflavones par jour et une durée de 12 semaines. Les résultats restent toutefois variables d'une étude à l'autre, en partie à cause des différences de formulations et de la taille souvent réduite des échantillons. D'autres méta-analyses antérieures avaient trouvé des effets proches de la significativité statistique sans toujours l'atteindre (19). Le trèfle rouge ne peut donc pas être considéré comme un traitement de référence, mais plutôt comme un soutien complémentaire à une alimentation déjà riche en phyto-œstrogènes.

En pratique : le trèfle rouge se consomme principalement en tisane ou en gélules. Si tu souhaites l'essayer, demande conseil à ton médecin ou à un naturopathe, surtout si tu as des antécédents de cancers hormonodépendants.

4. Les graines de sésame : pour l'équilibre et les os

Moins connues que le lin ou le soja, les graines de sésame sont pourtant une source intéressante de lignanes (environ 8 mg/100 g). Elles apportent également du calcium, du magnésium et du zinc, trois minéraux essentiels à la santé osseuse, un enjeu majeur après la ménopause.

En pratique : saupoudre du sésame (ou du gomasio) sur tes plats, tes salades ou tes soupes. Le tahini (purée de sésame) est aussi une excellente option pour varier tes apports.

5. Les légumineuses : l'alternative protéinée

Pois chiches, lentilles, haricots rouges, fèves… les légumineuses contiennent des quantités plus modestes d'isoflavones que le soja, mais elles compensent par leur richesse en fibres, en protéines végétales et en minéraux. Elles participent à un équilibre alimentaire global qui soutient le bon fonctionnement hormonal.

Les fibres qu'elles contiennent nourrissent aussi ton microbiote intestinal, un acteur clé dans la transformation des phyto-œstrogènes en métabolites actifs (on en reparle un peu plus bas).

En pratique : intègre des légumineuses dans ton alimentation au moins 3 à 4 fois par semaine. Houmous, dahls, salades de lentilles, curry de pois chiches… les possibilités sont infinies.


6. Les fruits secs et frais : le rôle des baies et de la pomme

Myrtilles, framboises, fraises, pommes, pruneaux… ces fruits ne sont pas des sources majeures de phyto-œstrogènes : ils n'apportent que de petites quantités de lignanes et d'autres polyphénols à activité œstrogénique faible, et leur intérêt tient surtout à leur richesse en antioxydants. La pomme est particulièrement intéressante grâce à sa teneur en phlorétine, un polyphénol aux propriétés antioxydantes.

Les fruits rouges et les baies apportent en plus des anthocyanes, des pigments aux effets anti-inflammatoires bien documentés. À la ménopause, l'inflammation chronique de bas grade a tendance à augmenter, et une alimentation riche en antioxydants contribue à la limiter.

En pratique : une poignée de baies au petit-déjeuner, une pomme en collation, des pruneaux dans ton granola… l'idée est de varier les sources chaque jour.

7. Les crucifères : brocoli et chou-fleur pour le métabolisme

Brocoli, chou-fleur, chou kale, chou de Bruxelles, mais aussi roquette, radis, navet, cresson, moutarde ou wasabi… les crucifères ne contiennent pas directement de phyto-œstrogènes, mais ils jouent un rôle indirect très important. Ils sont riches en indole-3-carbinol (I3C) et en diindolyméthane (DIM), deux composés qui aident ton foie à métaboliser les œstrogènes de façon plus équilibrée.

En d'autres termes, les crucifères aident ton corps à transformer et éliminer correctement les œstrogènes, ce qui est utile aussi bien quand ils sont en excès (en début de périménopause par exemple) que lorsqu'ils diminuent.

En pratique : consomme des crucifères plusieurs fois par semaine, en variant les modes de cuisson (vapeur, rôtis, en soupe…). Si les choux te causent des inconforts digestifs, mise plutôt sur la roquette, généralement bien mieux tolérée. Si tu as une fragilité thyroïdienne, privilégie-les cuits plutôt que crus, car la cuisson désactive les goitrogènes qu'ils contiennent.

Sauge, houblon et iode : d'autres pistes à connaître

Le houblon et la sauge sont souvent cités pour soulager les bouffées de chaleur, mais ils s'utilisent surtout en phytothérapie, sous forme d'extraits, plutôt que comme des aliments du quotidien. Le houblon contient un phyto-œstrogène bien identifié, la 8-prénylnaringénine, tandis que l'activité œstrogénique de la sauge reste moins précisément caractérisée. On ne peut donc pas leur attribuer un effet comparable à celui du soja ou du lin, et il est préférable de demander conseil à un professionnel de santé avant d'y avoir recours.

L'iode mérite également ton attention, même si les données scientifiques restent limitées. Il contribue au bon fonctionnement de ta thyroïde, essentiel à la production des hormones thyroïdiennes et au métabolisme, et il interviendrait dans l'expression de certains gènes impliqués dans le métabolisme des œstrogènes. Une étude observationnelle menée auprès de 210 femmes ménopausées a d'ailleurs retrouvé une association entre un taux d'iode urinaire plus élevé et des bouffées de chaleur moins fréquentes et moins longues (21). Ces résultats préliminaires ne démontrent toutefois pas qu'une supplémentation en iode puisse soulager les symptômes de la ménopause, c'est pourquoi l'objectif reste de couvrir tes besoins sans rechercher un apport excessif, grâce aux poissons et fruits de mer, aux œufs, aux produits laitiers et au sel iodé.

Comment optimiser l'efficacité de ces aliments au quotidien ?

L'importance du microbiote : pourquoi ton intestin décide de tout

Voilà un point que beaucoup d'articles oublient de mentionner, et pourtant c'est peut-être le facteur le plus déterminant dans l'efficacité des phyto-œstrogènes : ton microbiote intestinal.

Les phyto-œstrogènes que tu manges ne sont pas directement actifs. Ce sont tes bactéries intestinales qui les transforment en métabolites réellement capables d'agir sur tes récepteurs hormonaux.

Par exemple, la daidzéine (isoflavone du soja) doit être transformée en équol par certaines bactéries intestinales pour être pleinement efficace

  • Le sécoisolaricirésinol (lignane du lin) est converti en entérolactone par la flore intestinale

Or, tout le monde n'a pas les bonnes bactéries pour réaliser ces conversions. Seulement 25 à 50 % de la population occidentale est capable de produire de l'équol (9). C'est ce qui explique probablement une partie des différences de réponse au soja d'une femme à l'autre, même si la production d'équol n'est pas une condition démontrée de tous ses bienfaits nutritionnels.

Ce taux est beaucoup plus élevé en Asie, où la consommation régulière de soja depuis l'enfance favorise le développement des bactéries productrices d'équol. Le régime alimentaire, l'âge et même la prise d'antibiotiques influencent la capacité de ton microbiote à métaboliser efficacement les phyto-œstrogènes (10).

Ton microbiote intervient aussi sur tes propres œstrogènes : on appelle estrobolome l'ensemble des gènes bactériens impliqués dans leur métabolisme. Certaines enzymes produites par tes bactéries, notamment les β-glucuronidases, peuvent déconjuguer des œstrogènes que ton foie avait conjugués puis excrétés dans la bile pour les éliminer, ce qui permet potentiellement leur réabsorption au niveau de l'intestin. Un microbiote équilibré participe donc lui aussi à ton équilibre hormonal.

Les associations alimentaires intelligentes

Pour maximiser les bénéfices de tes phyto-œstrogènes, voici quelques stratégies simples :

  • Nourris ton microbiote avec des fibres prébiotiques : les fibres des légumineuses, des céréales complètes, des fruits, des légumes et des oléagineux servent de "carburant" à tes bactéries intestinales. Plus ta flore est diversifiée, mieux elle transformera les phyto-œstrogènes en métabolites actifs
  • Intègre des aliments fermentés : yaourts, kéfir, choucroute, miso, kimchi… ils apportent des bactéries vivantes qui renforcent la diversité de ton microbiote
  • Associe phyto-œstrogènes et bonnes graisses : les isoflavones et les lignanes sont des composés liposolubles. Les consommer avec un peu de matière grasse (huile d'olive, avocat, oléagineux) améliore leur absorption
  • Sois régulière plutôt qu'intensive : une consommation quotidienne et modérée est plus efficace qu'un gros apport ponctuel. L'idéal est de répartir tes sources sur la journée

Ménopause : quels bénéfices réels attendre de ton assiette ?

Soyons honnêtes : les phyto-œstrogènes alimentaires ne sont pas un traitement hormonal. Leur puissance est bien inférieure à celle des hormones de substitution (le THS). Mais leur intérêt est réel, à condition de garder des attentes réalistes.

Sur les bouffées de chaleur

Les données scientifiques les plus solides montrent une réduction de la fréquence de l'ordre de 20 à 25 % avec une consommation régulière d'isoflavones de soja à doses suffisantes (environ 50 mg/jour) (3). C'est significatif, même si c'est inférieur au THS. 

Sur la santé osseuse 

Les études récentes suggèrent que les isoflavones de soja pourraient contribuer au maintien de la densité minérale osseuse, en particulier au niveau de la colonne lombaire, chez les femmes ménopausées (12). Les graines de sésame et les légumineuses apportent en plus du calcium et du magnésium, qui participent directement à la solidité des os.

Un point essentiel à retenir : les phyto-œstrogènes ne travaillent pas seuls pour protéger tes os. La chute des œstrogènes à la ménopause réduit directement la capacité de ton intestin à absorber le calcium et provoque une augmentation de la sécrétion de parathormone, ce qui accélère la perte osseuse (18). Pour que les phyto-œstrogènes puissent exercer leur action protectrice sur le tissu osseux, ils ont besoin de travailler en synergie avec la vitamine D (qui permet l'absorption du calcium au niveau intestinal) et le magnésium (cofacteur indispensable au métabolisme de la vitamine D et à la fixation du calcium dans l'os).

Une méta-analyse de 2020 a montré que la supplémentation combinée en calcium et vitamine D augmentait significativement la densité minérale osseuse totale et réduisait le risque de fracture de la hanche chez les femmes ménopausées (20). Concrètement, veille à avoir un apport suffisant en vitamine D (exposition solaire modérée et poissons gras, qui ne suffisent généralement pas à couvrir tes besoins : une complémentation est donc souvent utile, notamment en cas de carence avérée) et en magnésium (oléagineux, chocolat noir, légumineuses, eaux minérales riches en magnésium) pour que ton alimentation riche en phyto-œstrogènes ait un impact réel sur ta santé osseuse. Pense aussi au calcium, que l'on trouve dans les produits laitiers, les sardines avec leurs arêtes, le tofu, les graines de sésame et de chia, les amandes, le chou kale ou encore les boissons et yaourts au soja enrichis en calcium (vérifie l'étiquette, car les versions bio sont rarement enrichies). Enfin, tes besoins en protéines augmentent à la ménopause, pour atteindre environ 1,2 g par kilo de poids corporel et par jour, car elles participent elles aussi au maintien de ta masse osseuse et musculaire.

Sur la santé cardiovasculaire 

Les graines de lin ont montré dans plusieurs essais cliniques un effet positif sur le profil lipidique, avec une réduction du cholestérol total et du cholestérol non-HDL (13). Après la ménopause, le risque cardiovasculaire augmente significativement du fait de la perte de l'effet protecteur des œstrogènes, et l'alimentation est un levier important.

Sur la peau et la qualité de vie

Des études préliminaires sur l'équol (métabolite du soja) suggèrent un effet anti-âge sur la peau, en stimulant la synthèse de collagène et en réduisant la profondeur des rides chez les femmes ménopausées (14). La gestion globale des bouffées de chaleur passe aussi par l'hygiène de vie, le sommeil et l'activité physique.

Précautions et controverses : le soja est-il sans danger ?

C'est LA question qui revient systématiquement, et tu as raison de te la poser. La réponse courte : oui, la consommation alimentaire de soja est considérée comme sûre pour la grande majorité des femmes.

La confusion vient souvent de l'amalgame entre le soja alimentaire (tofu, tempeh, edamame, lait de soja) et les compléments alimentaires à base d'isoflavones concentrées, qui ne sont pas la même chose en termes de doses et de métabolisation.

Voici ce que disent les données actuelles :

  • Les grandes études de cohorte (notamment l'étude française E3N sur plus de 58 000 femmes ménopausées) ont montré que la consommation alimentaire de lignanes était associée à une réduction d'environ 20 % du risque de cancer du sein post-ménopausique (15). Les lignanes issues des fruits, légumes et céréales complètes semblent donc avoir un effet protecteur.
  • Concernant les isoflavones de soja et le cancer du sein, les résultats sont plus nuancés. Les études observationnelles en Asie (où la consommation est élevée depuis l'enfance) montrent un effet protecteur. En Occident, où la consommation est plus faible et souvent débutée à l'âge adulte, les données sont moins concluantes (16).
  • L'ANSES (anciennement AFSSA) recommande de ne pas dépasser 1 mg d'isoflavones par kilogramme de poids corporel par jour pour une femme adulte, soit environ 60 mg pour une femme de 60 kg (17). C'est un seuil facile à respecter si tu ne consommes pas plus de deux produits à base de soja par jour.
  • En cas d'antécédents personnels ou familiaux de cancer du sein hormonodépendant, parle à ton oncologue ou ton gynécologue avant de modifier significativement ta consommation de soja ou de prendre des compléments à base d'isoflavones.

Pour réusmer, manger du tofu ou ajouter des graines de lin dans ton alimentation n'est pas dangereux. C'est la prise de compléments à hautes doses, sans avis médical, qui peut poser question. Comme souvent, c'est la dose et le contexte qui font la différence.

Repas types pour un meilleur équilibre hormonal

Pour t'inspirer, voici à quoi pourrait ressembler une journée alimentaire riche en phyto-œstrogènes et favorable à ton équilibre hormonal :

Petit-déjeuner

Un bol de porridge aux flocons d'avoine complets, préparé avec du lait de soja, garni d'une cuillère à soupe de graines de lin moulues, quelques myrtilles et des amandes effilées.

Déjeuner

Une salade composée de lentilles vertes, betteraves, avocat, graines de sésame, parsemée de persil frais, assaisonnée d'une vinaigrette à l'huile de colza (riche en oméga 3).

Collation

Une pomme avec une cuillère de purée de sésame (tahini), ou un carré de chocolat noir avec une poignée de noix.

Dîner

Un sauté de tempeh avec du brocoli vapeur, des carottes et du gingembre, servi avec du riz complet. En dessert, une compote de pommes maison sans sucre ajouté.

Ta mini liste de courses hormonale :

  • Graines de lin que tu pourras moudre toi même
  • Graines de sésame (ou tahini)
  • Tofu ferme ou soyeux
  • Tempeh
  • Edamame surgelés
  • Lait de soja nature
  • Pois chiches
  • Lentilles vertes ou corail
  • Flocons d'avoine complets
  • Brocoli
  • Chou-fleur
  • Myrtilles
  • Pommes
  • Noix
  • Huile de colza ou de lin, vierges et de première pression à froid

Vers une transition naturelle et sereine

Evidemment, la ménopause n'est pas une maladie et ne doit jamais être traité comme tel. C'est une transition physiologique naturelle que chaque femme traverse à sa façon. Pour autant, ça ne veut pas dire que tu ne dois pas traverser cette étape de vie en serrant les dents et en attendant que ça passe. 

Ton alimentation est un levier puissant, accessible et quotidien pour soutenir ton corps dans cette période de changement. Les aliments riches en phyto-œstrogènes ne remplaceront jamais un traitement hormonal quand il est nécessaire, mais ils constituent une base solide pour accompagner ton équilibre hormonal de façon douce et progressive.

Si tes symptômes sont très invalidants, n'hésite pas à consulter ton gynécologue pour envisager toutes les options, y compris le THS. Et si tu souhaites agir par l'alimentation, commence simplement : une cuillère de graines de lin moulues dans ton petit-déjeuner, un plat à base de tofu ou de lentilles dans la semaine, un fruit rouge en dessert… chaque petit geste compte.

Références scientifiques

(1) Patisaul H.B., Jefferson W. "The pros and cons of phytoestrogens." Frontiers in Neuroendocrinology, 2010, 31(4):400-419. DOI: 10.1016/j.yfrne.2010.03.003
(2) Messina M. "Soy isoflavones: a perspective." Advances in Nutrition, 2025. DOI: 10.1016/j.advnut.2025.100347
(3) Taku K., Melby M.K., Kronenberg F., Kurzer M.S., Messina M. "Extracted or synthesized soybean isoflavones reduce menopausal hot flash frequency and severity: systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials." Menopause, 2012, 19(7):776-790. DOI: 10.1097/gme.0b013e3182410159
(4) Phytoœstrogènes chez la femme ménopausée. médecine/sciences, 2003, 19(10):1030-1037. DOI: 10.1051/medsci/200319101030
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(6) Brooks J.D., Ward W.E., Lewis J.E. et al. "Supplementation with flaxseed alters estrogen metabolism in postmenopausal women to a greater extent than does supplementation with an equal amount of soy." The American Journal of Clinical Nutrition, 2004, 79(2):318-325. DOI: 10.1093/ajcn/79.2.318
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(20) Yao J. et al. "Effects of combined calcium and vitamin D supplementation on osteoporosis in postmenopausal women: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials." Food & Function, 2020, 11(12):10817-10827. DOI: 10.1039/d0fo00787k
(21) Korkmaz V., Ozkaya E., Cekmez Y. et al. "Relationship between the body iodine status and menopausal symptoms during postmenopausal period." Gynecological Endocrinology, 2015, 31(1):61-64. DOI: 10.3109/09513590.2014.958986

Qui est derrière cet article ?
Corrigé et validé par
Diététicienne micronutritionniste

Diététicienne micronutritionniste passionnée, spécialisée dans les troubles digestifs (syndrome de l’intestin irritable, SIBO/IMO, candidose ect.), les troubles féminins, la fertilité & les maladies auto-immunes.

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FAQ

Quel est l'aliment le plus riche en œstrogènes ?

Les graines de lin sont l'aliment le plus concentré en phyto-œstrogènes (environ 380 mg de lignanes pour 100 g). Le soja et ses dérivés (tofu, tempeh, edamame) arrivent juste après, avec la plus forte concentration en isoflavones parmi les aliments courants.

Quel fruit contient le plus d'œstrogènes ?

Les baies (myrtilles, framboises, fraises) et la pomme font partie des fruits les plus riches en phyto-œstrogènes de type lignanes. Les pruneaux et les abricots secs sont également intéressants.

Comment augmenter son taux d'œstrogène naturellement ?

Tu peux agir sur plusieurs leviers : intégrer quotidiennement des aliments riches en phyto-œstrogènes (soja, lin, sésame, légumineuses), prendre soin de ton microbiote intestinal (fibres, aliments fermentés), maintenir une activité physique régulière, gérer ton stress et veiller à un sommeil de qualité. Tous ces éléments combinés favorisent un meilleur équilibre hormonal global.

Quels sont les signes d'un manque d'œstrogènes ?

  • Bouffées de chaleur
  • Les sueurs nocturnes
  • La sécheresse vaginale et cutanée
  • La fatigue
  • Les troubles du sommeil
  • Les sautes d'humeur
  • La baisse de libido
  • La fragilisation des cheveux
  • Prise de poids abdominale.

Les phyto-œstrogènes sont-ils efficaces pour toutes les femmes ?

Non, et c'est important de le savoir. L'efficacité dépend en grande partie de ton microbiote intestinal et de sa capacité à transformer les phyto-œstrogènes en métabolites actifs (comme l'équol). Environ 25 à 50 % des femmes occidentales seulement possèdent les bonnes bactéries pour cette conversion (9). Prendre soin de ta flore intestinale peut aider à améliorer cette capacité.