Fertilité

Le bilan de fertilité masculine, c'est quoi et quand le faire ?

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Résumé

Le bilan de fertilité masculine repose sur un examen central, le spermogramme, complété si besoin par un dosage hormonal, une échographie des testicules ou des analyses plus poussées.

La règle générale est la suivante : on parle d'infertilité après 12 mois de rapports réguliers sans contraception et sans grossesse. Ce délai descend à 6 mois si ta conjointe a plus de 35 ans, ou d'emblée s'il existe un antécédent connu de ton côté ou du sien.

Sommaire

  1. 01. Infertilité et stérilité, ce n'est pas la même chose
  2. 02. Les différents tests de fertilité pour l'homme
  3. 03. Comment se déroule un spermogramme, étape par étape ?
  4. 04. Comment lire et interpréter les résultats de spermogramme ?
  5. 05. Un résultat en dessous des limites, quelles actions possibles ?

Le bilan de fertilité masculine repose sur un examen central, le spermogramme, complété si besoin par un dosage hormonal, une échographie des testicules ou des analyses plus poussées.

La règle générale est la suivante : on parle d'infertilité après 12 mois de rapports réguliers sans contraception et sans grossesse. Ce délai descend à 6 mois si ta conjointe a plus de 35 ans, ou d'emblée s'il existe un antécédent connu de ton côté ou du sien.

Rien ne t'oblige à attendre la fin des 12 mois pour faire ton spermogramme. C'est un examen simple, totalement indolore, puisque c’est une analyse de ton sperme. Il est pris en charge sur prescription médicale, qui permet d'éclairer sereinement la suite de ton projet bébé.

Infertilité et stérilité, ce n'est pas la même chose

La stérilité désigne l'impossibilité définitive de concevoir. Elle est rare. L'infertilité, elle, désigne une difficulté à concevoir dans un délai donné, et c'est une situation qui évolue.

Un spermogramme en dessous des limites de référence ne signe pas une impossibilité de concevoir naturellement. Les spermatozoïdes se renouvellent en permanence, ce qui laisse une vraie marge d'action sur les mois qui viennent.

Les antécédents et les signaux qui doivent t'orienter

L'infertilité masculine est le plus souvent silencieuse. Elle se découvre au moment des essais bébé, sans aucun symptôme préalable. Certains éléments justifient malgré tout de consulter sans attendre le douzième mois :

  • un testicule non descendu opéré dans l'enfance (cryptorchidie)
  • une varicocèle, ces veines dilatées autour du testicule
  • un traumatisme, une torsion ou une chirurgie testiculaire
  • une infection génitale, ou des oreillons contractés après la puberté
  • une chimiothérapie ou une radiothérapie
  • une baisse marquée de la libido, des troubles de l'érection ou de l'éjaculation

Une douleur, un gonflement ou une masse au niveau des bourses n’attendent pas : ce sont des motifs de consultation immédiate chez un médecin ou un urologue, indépendamment de tout projet de grossesse.


Le bilan se fait à deux

Ton bilan et celui de ta conjointe avancent en parallèle. De ton côté, deux minéraux sortent du lot : le zinc contribue à une fertilité et une reproduction normales ainsi qu'au maintien d'un taux normal de testostérone, et le sélénium contribue à une spermatogenèse normale (6). Ce sont les apports à sécuriser en priorité, au même titre que l'arrêt du tabac.

Chez ta conjointe, la logique est identique mais les besoins diffèrent. L’acide folique se prend dès l'arrêt de la contraception. Elle peut aussi opter pour un apport en oméga 3 et en vitamines prénatales si elle a certaines carences.

Quand ses cycles sont irréguliers, la phase de préconception peut demander un effort supplémentaire. C'est notamment le cas lorsqu'un SMOP (SOPK) est en jeu, où l'association inositols et micronutriments de la fertilité vient soutenir l'ovulation.

Les différents tests de fertilité pour l'homme

Le spermogramme : l'examen de référence

Le spermogramme analyse un échantillon de sperme au microscope et mesure le volume de l'éjaculat, la concentration en spermatozoïdes, leur nombre total, leur mobilité, leur vitalité et leur morphologie. C'est l'examen de base, celui par lequel tout commence.

Selon le contexte, ton médecin peut y associer une spermoculture pour rechercher une infection, un test de migration-survie qui évalue la capacité des spermatozoïdes à franchir un milieu, ou une analyse de la fragmentation de l'ADN spermatique.

Un spermogramme isolé ne pose jamais un diagnostic. La production de sperme varie beaucoup d'un mois sur l'autre, ce qui explique qu'un second examen soit systématiquement demandé environ trois mois plus tard avant toute conclusion.

Les tests de fertilité en pharmacie et à domicile, que valent-ils ?

Les autotests vendus en pharmacie mesurent uniquement la concentration en spermatozoïdes. Ils ne disent rien de la mobilité, de la morphologie ni de la vitalité, qui sont pourtant trois paramètres décisifs du compte rendu.

Un autotest rassurant peut donc coexister avec une infertilité masculine bien réelle. Leur usage raisonnable est celui d'un premier signal qui pousse à consulter, jamais celui d'un examen de confirmation.

L'examen clinique

Avant même le laboratoire, une consultation chez un urologue ou un andrologue comporte un temps d'examen physique. La palpation des bourses recherche une varicocèle, évalue le volume et la consistance des testicules, et vérifie la présence des canaux déférents, dont l'absence congénitale explique certaines azoospermies.

Cet examen dure quelques minutes et repère des causes que le spermogramme seul ne voit pas. Il est aussi l'occasion de reprendre tes antécédents en détail, ce qu'une simple prescription de laboratoire ne permet pas.

Le bilan hormonal

Si le spermogramme revient altéré, un dosage sanguin est souvent demandé dans la foulée. Il mesure la FSH, la LH et la testostérone, trois hormones qui pilotent la fabrication des spermatozoïdes.

C'est ce bilan qui distingue un problème de production d'un problème d'évacuation. Une FSH élevée oriente vers les testicules eux-mêmes, une FSH normale avec un spermogramme très bas fait plutôt chercher un obstacle sur le trajet.

Fragmentation de l'ADN et stress oxydatif : les examens de deuxième intention

Un spermogramme peut revenir normal alors que les spermatozoïdes portent un ADN abîmé. La cause principale est le stress oxydatif, un excès de molécules réactives dans le liquide séminal qui casse les brins d'ADN. Les spermatozoïdes y sont particulièrement vulnérables, car ils ne réparent plus leur ADN une fois formés.

Deux familles de tests existent : la mesure de la fragmentation de l'ADN spermatique, et les tests de décondensation ou de structure de la chromatine, qui évaluent la façon dont l'ADN est compacté dans la tête du spermatozoïde.

Ces examens ne sont pas demandés d'emblée. Ils sont recommandés en deuxième intention, notamment en cas de fausses couches à répétition, d'échecs de PMA ou d'infertilité inexpliquée malgré un spermogramme normal (7). Le niveau de preuve reste modéré, mais leur résultat peut modifier la stratégie proposée.


Comment se déroule un spermogramme, étape par étape ?

C'est souvent l'étape qui bloque, davantage par gêne que par difficulté réelle. Le déroulé est en pratique court, cadré, et les équipes de laboratoire le réalisent plusieurs fois par jour.

La préparation avant l'examen

  • une abstinence de 2 à 7 jours, la fourchette recommandée par l'Organisation mondiale de la santé (2). En dehors de cet intervalle, les chiffres deviennent difficiles à interpréter
  • pas d'épisode de fièvre importante dans les deux à trois mois précédents, car la production de sperme en garde la trace
  • une hydratation correcte et une consommation d'alcool limitée les jours qui précèdent
  • la mention de tout traitement en cours, certains médicaments modifiant les paramètres

Le délai d'abstinence sera vérifié au moment de l'accueil. S'il n'est pas respecté, l'examen est le plus souvent reporté plutôt que réalisé sur un échantillon ininterprétable.

Le jour J, le recueil en laboratoire de biologie médicale

  • l'accueil, avec présentation de l'ordonnance, d'une pièce d'identité et confirmation du délai d'abstinence
  • l'installation en cabine dédiée, une pièce individuelle fermée, prévue pour cela
  • l'hygiène préalable, avec lavage des mains et de la verge à l'aide du nécessaire fourni
  • le recueil par masturbation dans un flacon stérile, en veillant à ne pas perdre le premier jet, qui est le plus riche en spermatozoïdes
  • la remise immédiate du flacon au biologiste, l'analyse devant démarrer dans l'heure

Le recueil se fait sur place, pas à la maison. Le sperme doit être analysé rapidement et maintenu à température stable, ce qui rend le transport depuis le domicile peu fiable. Certains laboratoires l'autorisent malgré tout dans des conditions précises, à vérifier lors de la prise de rendez-vous.

Compte une trentaine de minutes sur place au total. Le résultat parvient à ton médecin sous quelques jours.

Comment lire et interpréter les résultats de spermogramme ?

Le laboratoire compare tes valeurs aux limites de référence de l'OMS, dans leur sixième édition parue en 2021 (2).

Paramètre Limite de référence basse
Volume de l'éjaculat 1,4 mL
Concentration 16 millions par mL
Nombre total par éjaculat 39 millions
Mobilité totale 42 %
Mobilité progressive 30 %
Vitalité 54 %
Formes typiques 4 %

Ces valeurs ne sont pas des seuils de normalité. Ce sont les valeurs sous lesquelles se situent les 5 % d'hommes les moins bien classés parmi ceux qui ont conçu naturellement en moins d'un an. Autrement dit, 5 % d'hommes féconds passent sous ces chiffres. La sixième édition du manuel a d'ailleurs abandonné la notion de seuil au profit de limites décisionnelles, précisément parce que les chiffres d'un homme fertile et ceux d'un homme infertile se chevauchent largement (1).

Décoder le vocabulaire du compte rendu

  • normozoospermie, tous les paramètres se situent au-dessus des limites de référence
  • oligozoospermie, la concentration ou le nombre total est en dessous
  • asthénozoospermie, la mobilité est insuffisante
  • tératozoospermie, la proportion de formes typiques est trop faible
  • OATS, association des trois précédentes
  • azoospermie, aucun spermatozoïde n'est retrouvé dans l'éjaculat

Une azoospermie n'est pas une impasse. On distingue les formes obstructives, où la production est normale mais l'évacuation bloquée, des formes sécrétoires. Dans les deux cas, une extraction chirurgicale de spermatozoïdes reste envisageable pour un certain nombre d'hommes.

Un résultat en dessous des limites, quelles actions possibles ?

Améliorer la qualité du sperme au quotidien

Un cycle complet de production de spermatozoïdes dure environ deux à trois mois (3, 4). Chaque changement mis en place aujourd'hui se lira d'ici deux à trois mois, le temps nécessaire à ton organisme pour fabriquer une toute nouvelle génération de spermatozoïdes.

Les leviers au meilleur rapport effort sur effet :

  • l'arrêt du tabac, associé à une réduction de la concentration et de la mobilité des spermatozoïdes (5)
  • la limitation de l'exposition des testicules à la chaleur : bains très chauds, sauna, ordinateur posé sur les genoux, sous-vêtements serrés
  • une consommation d'alcool réduite
  • une activité physique régulière et un poids stable
  • un apport suffisant en zinc et en sélénium (6)
  • la limitation de l'exposition aux perturbateurs endocriniens : plastiques chauffés, contenants alimentaires, cosmétiques, résidus de pesticides
  • le téléphone porté ailleurs que dans la poche avant du pantalon

Ces mesures agissent sur les deux versants du couple. Le tabac, l'alcool et le surpoids pèsent sur la fertilité masculine comme sur la fertilité féminine, et nous détaillons l'ensemble de ces leviers dans nos 10 conseils pour booster la fertilité.

Sur ces deux derniers points, l'état des connaissances mérite d'être précisé. Les phtalates et certains pesticides sont associés à une baisse de la concentration en spermatozoïdes avec un niveau de preuve modéré (8), tandis que les données humaines sur les bisphénols restent aujourd'hui contradictoires. Quant au téléphone portable, une méta-analyse retrouve une association avec une baisse de la mobilité et de la vitalité (9), sur des études observationnelles hétérogènes.

Aucun de ces facteurs n'explique à lui seul une infertilité. Ce sont des expositions cumulatives, faciles à réduire, et sans effet indésirable à le faire.

La prise en charge médicale et la PMA

Selon la cause identifiée, plusieurs orientations existent : un traitement hormonal en cas de déficit avéré, la cure chirurgicale d'une varicocèle, ou le recours à l'assistance médicale à la procréation.

Côté PMA, l'insémination intra-utérine est proposée lorsque les paramètres restent proches des limites. La FIV, et surtout la FIV avec ICSI qui consiste à injecter un spermatozoïde directement dans l'ovocyte, prennent le relais quand l'altération est plus marquée. Chaque étape du protocole est détaillée ici, tout comme les délais auxquels s'attendre.

Lexique
  • Spermogramme : c'est l'analyse au microscope d'un échantillon de sperme. Il mesure six paramètres à la fois, ce qui explique pourquoi un autotest de pharmacie, qui n'en mesure qu'un, ne peut pas le remplacer.
  • Spermatogenèse : c'est le processus de fabrication des spermatozoïdes dans les testicules. Il dure environ deux à trois mois, ce qui explique pourquoi un changement d'hygiène de vie ne se voit pas avant le trimestre suivant.
  • Mobilité progressive : c'est la proportion de spermatozoïdes qui avancent vraiment, en ligne droite. C'est elle qui compte pour remonter jusqu'à l'ovocyte, bien plus que le nombre total.
  • Azoospermie : c'est l'absence totale de spermatozoïdes dans l'éjaculat. Elle peut être obstructive ou sécrétoire, ce qui explique pourquoi elle n'exclut pas d'emblée une paternité biologique.
  • TZI : c'est l'indice de tératozoospermie, le nombre moyen d'anomalies par spermatozoïde anormal. Il affine la lecture de la morphologie, là où le pourcentage de formes typiques ne dit pas à quel point les autres sont atypiques.

Références scientifiques

  1. Boitrelle F, Shah R, Saleh R, Henkel R, Kandil H, Chung E, Vogiatzi P, Zini A, Arafa M, Agarwal A. The Sixth Edition of the WHO Manual for Human Semen Analysis: A Critical Review and SWOT Analysis. Life. 2021;11(12):1368. doi:10.3390/life11121368
  2. Organisation mondiale de la santé. WHO laboratory manual for the examination and processing of human semen, 6e édition. Genève : OMS, 2021.
  3. Misell LM, Holochwost D, Boban D, Santi N, Shefi S, Hellerstein MK, Turek PJ. A stable isotope-mass spectrometric method for measuring human spermatogenesis kinetics in vivo. The Journal of Urology. 2006;175(1):242-246. doi:10.1016/S0022-5347(05)00053-4
  4. Amann RP. The cycle of the seminiferous epithelium in humans: a need to revisit? Journal of Andrology. 2008. doi:10.2164/jandrol.107.004655
  5. Sharma R, Harlev A, Agarwal A, Esteves SC. Cigarette Smoking and Semen Quality: A New Meta-analysis Examining the Effect of the 2010 World Health Organization Laboratory Methods for the Examination of Human Semen. European Urology. 2016;70(4):635-645. doi:10.1016/j.eururo.2016.04.010 (PMID : 27113031)
  6. Règlement (UE) n° 432/2012 de la Commission du 16 mai 2012 établissant une liste des allégations de santé autorisées portant sur les denrées alimentaires, autres que celles faisant référence à la réduction du risque de maladie ainsi qu'au développement et à la santé infantiles.
  7. Agarwal A, Majzoub A, Baskaran S, et al. Sperm DNA Fragmentation: A New Guideline for Clinicians. The World Journal of Men's Health. 2020. doi:10.5534/wjmh.200128
  8. Cai H, et al. Do phthalates and their metabolites cause poor semen quality? A systematic review and meta-analysis of epidemiological studies on risk of decline in sperm quality. Environmental Science and Pollution Research. 2022. doi:10.1007/s11356-022-24215-x (PMID : 36504299)
  9. Adams JA, Galloway TS, Mondal D, Esteves SC, Mathews F. Effect of mobile telephones on sperm quality: a systematic review and meta-analysis. Environment International. 2014;70:106-112. doi:10.1016/j.envint.2014.04.015 (PMID : 24927498)
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FAQ

Comment faire un test de fertilité chez l'homme ?

Le test de référence est le spermogramme. Il se réalise en laboratoire de biologie médicale, par recueil du sperme par masturbation en cabine dédiée, après une abstinence de 2 à 7 jours. L'analyse démarre dans l'heure qui suit le recueil.

Où faire un test de fertilité pour homme et quel est son prix ?

Dans un laboratoire de biologie médicale, de préférence orienté vers la biologie de la reproduction. Dans le cadre d'un bilan d'infertilité avec accord préalable de l'Assurance maladie, la prise en charge peut atteindre 100 % du tarif conventionnel.

L'ordonnance est-elle obligatoire pour un spermogramme ?

Certains laboratoires acceptent de le réaliser sans, mais aucun remboursement n'est alors possible. Surtout, la prescription par un médecin traitant, un urologue ou un gynécologue permet d'inscrire l'examen dans un parcours de soins et d'en interpréter le résultat correctement.

Quels sont les premiers signes d'infertilité masculine ?

Le plus souvent aucun, et c'est ce qui la rend difficile à anticiper. Quelques signaux doivent malgré tout amener à consulter : une baisse marquée de la libido, des troubles de l'érection ou de l'éjaculation, une douleur, un gonflement ou une masse au niveau des bourses.

Un spermogramme anormal signifie-t-il que je ne pourrai pas avoir d'enfant ?

Non. En général un second spermogramme est demandé environ trois mois plus tard. C'est le délai qui correspond justement au temps d'un cycle complet de production.