Sommaire
- 01. 1. Les variations et déséquilibres hormonaux
- 02. 2. Les carences nutritionnelles et micronutritionnelles
- 03. 3. Le stress chronique et les chocs émotionnels
- 04. 4. Les dysfonctionnements de la thyroĂŻde
- 05. 5. L'ancrage du cheveux fragilisé
- 06. 6. Un déséquilibre du cuir chevelu
- 07. 7. Les pathologies auto-immunes et les chocs infectieux
- 08. Quelles solutions pour freiner la chute et relancer la repousse ?
- 09. Quand consulter un spécialiste ?
Si tu remarques que depuis peu tu perds tes cheveux par poignĂ©e, des longueurs qui s'Ă©claircissent au niveau de la raie, une queue de cheval qui a perdu de son Ă©paisseur en quelques mois, c'est que tu connais probablement une chute de cheveux importante. Mais rassure toi, perdre entre 50 et 100 cheveux par jour est tout Ă fait normal, car c'est le rythme naturel du renouvellement capillaire. Ce qui fait la diffĂ©rence, ce n'est donc pas la chute en elle-mĂȘme, mais son intensitĂ© et surtout sa cause. Quand la perte devient franchement plus abondante et se prolonge, c'est le signe qu'un mĂ©canisme prĂ©cis s'est enclenchĂ©, et tout se joue alors sur un point : dĂšs lors que tu identifies l'origine de ta chute, tu peux presque toujours la freiner et relancer la pousse.
đNous te proposons de passer en revue les 7 grandes raisons qui expliquent une chute de cheveux importante chez la femme, pour que tu puisses reconnaĂźtre la tienne et trouver une solution adaptĂ©e.
1. Les variations et déséquilibres hormonaux
Tes hormones rythment la vie de tes cheveux d'un bout Ă l'autre de ton existence, et chaque grande transition hormonale peut se traduire sur ta chevelure. Les ĆstrogĂšnes, en particulier, prolongent la phase de croissance du cheveu : dĂšs qu'ils chutent, l'Ă©quilibre se rompt.
Le post-partum ou l'arrĂȘt de la pilule
Pendant la grossesse, le taux Ă©levĂ© d'ĆstrogĂšnes maintient tes cheveux en phase de pousse, ce qui donne cette chevelure dense et brillante des derniers mois. AprĂšs l'accouchement, la chute brutale de ces hormones fait basculer d'un coup une grande partie des follicules en phase de repos, d'oĂč cette perte parfois spectaculaire autour du troisiĂšme mois. Le mĂȘme mĂ©canisme s'observe Ă l'arrĂȘt d'une contraception hormonale, quand ton corps rĂ©apprend Ă produire ses propres hormones. Pour soutenir la repousse pendant cette transition, une approche in and out associant un complĂ©ment nutritif et un sĂ©rum qui agit directement sur le cuir chevelu apporte au follicule les acides aminĂ©s et les minĂ©raux dont il a besoin pour se relancer.
La mĂ©nopause et la baisse des ĆstrogĂšnes
Ă la mĂ©nopause, la baisse durable des ĆstrogĂšnes modifie le rapport entre hormones fĂ©minines et androgĂšnes. Ce nouvel Ă©quilibre affine progressivement la fibre capillaire : tes cheveux deviennent plus fins, plus fragiles, et la densitĂ© globale diminue, surtout sur le sommet du crĂąne. Si tu constates que tes cheveux s'affinent Ă l'approche de la mĂ©nopause, c'est cette bascule hormonale qui est en cause, et non un manque de soin de ta part.
L'alopécie androgénétique féminine
Certaines femmes présentent une sensibilité génétique de leurs follicules aux androgÚnes, et notamment à la DHT, une forme active de la testostérone. Sous son influence, le follicule se miniaturise cycle aprÚs cycle : le cheveu repousse de plus en plus fin, jusqu'à ne plus repousser du tout, ce qui explique l'élargissement progressif de la raie centrale. Un déséquilibre hormonal comme le SMOP (SOPK), en élevant le taux d'androgÚnes, amplifie ce phénomÚne chez les femmes prédisposées. Si tu es concernée, on a un article dédié qui t'explique comment gérer la chute de cheveux liée au SMOP (SOPK).
Dans bien des cas, ce phénomÚne est entretenu par la résistance à l'insuline. Lorsque tes cellules répondent mal à l'insuline, ton organisme en produit davantage, et cet excÚs stimule directement la fabrication d'androgÚnes par les ovaires tout en faisant baisser la SHBG, la protéine qui transporte et neutralise la testostérone (5). Il reste alors plus de testostérone libre, convertie en DHT au niveau du cuir chevelu, ce qui accélÚre la miniaturisation du follicule. Agir sur l'équilibre glycémique devient donc un levier central pour limiter ce type de chute, ce qui explique pourquoi la prise en charge du SMOP repose avant tout sur l'alimentation et le mode de vie.

2. Les carences nutritionnelles et micronutritionnelles
Le cheveu n'est pas un organe vital : quand ton organisme manque d'un nutriment, il le rĂ©serve en prioritĂ© au cĆur, au cerveau et aux autres fonctions essentielles, et la chevelure passe au second plan. Une carence, mĂȘme modĂ©rĂ©e, se traduit donc rapidement par une chute diffuse et des cheveux qui poussent moins vite (2).
Le manque de fer et de ferritine
Le fer transporte l'oxygĂšne jusqu'au bulbe pileux, et sa forme de rĂ©serve, la ferritine, doit ĂȘtre suffisamment Ă©levĂ©e pour soutenir la pousse. C'est la premiĂšre carence nutritionnelle en cause chez la femme, notamment Ă cause des rĂšgles, et elle passe souvent inaperçue tant qu'un bilan sanguin ne l'a pas mise en Ă©vidence. RepĂ©rer tĂŽt les signes d'un manque de fer permet d'agir avant que la chute ne s'installe.
Le déficit en zinc, vitamines B et vitamine D
Le zinc et les vitamines du groupe B, en particulier la biotine (B8), interviennent directement dans la synthÚse de la kératine, la protéine qui constitue 95 % de la fibre capillaire, ainsi que dans le renouvellement des cellules du follicule (2). La vitamine D, quant à elle, agit directement sur des récepteurs présents dans le follicule (les récepteurs VDR) pour enclencher le passage du cheveu de sa phase de repos à sa phase de croissance, et c'est pourquoi un faible taux de vitamine D circulante, la 25(OH)D, est associé à des chutes plus marquées (2). Avant toute supplémentation, un bilan sanguin ciblant la ferritine, le fer, le zinc, la vitamine D et la TSH permet de savoir exactement ce qui te manque et d'orienter ta cure au bon endroit.
3. Le stress chronique et les chocs émotionnels
Le stress est une cause frĂ©quente de chute soudaine et diffuse chez la femme, un phĂ©nomĂšne que les dermatologues appellent l'effluvium tĂ©logĂšne. Lorsque ton organisme traverse un Ă©vĂ©nement marquant, qu'il soit Ă©motionnel (deuil, sĂ©paration, surmenage) ou physique (opĂ©ration, rĂ©gime restrictif, accouchement), le cortisol produit en excĂšs pousse prĂ©maturĂ©ment une part anormalement Ă©levĂ©e de tes follicules dans leur phase de repos (1). Ces cheveux ne tombent pas immĂ©diatement, et c'est ce dĂ©calage qui dĂ©route le plus : la chute survient en gĂ©nĂ©ral deux Ă trois mois aprĂšs le facteur dĂ©clenchant, si bien que tu peux te sentir Ă nouveau apaisĂ©e au moment prĂ©cis oĂč tes cheveux, eux, commencent Ă tomber.
C'est une chute impressionnante mais temporaire : une fois le déclencheur passé, la repousse se remet en route spontanément, le plus souvent en trois à six mois. Pendant cette période, apprendre à mieux réguler ton stress au quotidien soutient directement ton équilibre hormonal, et donc ton cuir chevelu.
Pour accompagner cette phase de renouvellement, une routine ciblée contre la chute de cheveux aide à nourrir le follicule et à soutenir la reprise de la pousse pendant que ton corps retrouve son équilibre.
Ce mĂȘme effluvium tĂ©logĂšne peut aussi ĂȘtre dĂ©clenchĂ© par certains mĂ©dicaments du quotidien, en dehors de toute contraception. C'est notamment le cas de certains antidĂ©presseurs, des anticoagulants, des antihypertenseurs comme les bĂȘtabloquants, ainsi que des rĂ©tinoĂŻdes et des traitements Ă forte dose de vitamine A (1). LĂ encore, la chute apparaĂźt gĂ©nĂ©ralement deux Ă trois mois aprĂšs le dĂ©but du traitement et se rĂ©sorbe une fois celui-ci adaptĂ©. Si tu as commencĂ© un nouveau mĂ©dicament dans cette fenĂȘtre de temps, il vaut la peine d'en parler Ă ton mĂ©decin, sans jamais interrompre seule un traitement en cours.
4. Les dysfonctionnements de la thyroĂŻde
La thyroĂŻde rĂšgle le mĂ©tabolisme de l'ensemble de ton corps, y compris celui de tes cheveux. Qu'elle soit ralentie (hypothyroĂŻdie) ou emballĂ©e (hyperthyroĂŻdie), son dĂ©sĂ©quilibre perturbe le cycle de renouvellement capillaire et provoque une chute diffuse, avec des cheveux souvent plus secs et cassants. C'est une cause facile Ă confirmer par une simple prise de sang, et souvent rĂ©versible une fois la thyroĂŻde rééquilibrĂ©e. Si ta chute s'accompagne de fatigue, de frilositĂ©, de variations de poids ou de troubles du cycle, ce bilan mĂ©rite d'ĂȘtre demandĂ© Ă ton mĂ©decin.
5. L'ancrage du cheveux fragilisé
Toutes les chutes ne viennent pas de l'intĂ©rieur. Les coiffures qui tirent de façon rĂ©pĂ©tĂ©e sur la racine, comme les queues de cheval serrĂ©es, les tresses trop tendues ou les extensions, finissent par fragiliser l'ancrage du cheveu et crĂ©ent une alopĂ©cie dite de traction, typiquement sur le pourtour du visage. Les colorations agressives, les dĂ©frisages et la chaleur excessive rĂ©pĂ©tĂ©e fragilisent quant Ă eux la fibre elle-mĂȘme, qui casse plutĂŽt qu'elle ne tombe. La distinction est importante, car il s'agit ici de casse et non de chute Ă la racine : relĂącher la tension et espacer les sources de chaleur suffit le plus souvent Ă inverser la tendance.
6. Un déséquilibre du cuir chevelu
Un cheveu sain pousse sur un cuir chevelu sain, et l'écosystÚme de ta peau à cet endroit joue un rÎle souvent sous-estimé. Un excÚs de sébum peut étouffer la racine, tandis qu'une inflammation persistante ou une dermite séborrhéique entretient un terrain défavorable à la pousse. Quand le cuir chevelu est irrité, congestionné ou squameux, le follicule s'ancre moins bien et le cheveu tombe plus facilement. Apaiser et rééquilibrer le cuir chevelu, notamment par un massage régulier qui stimule la microcirculation, fait donc partie intégrante de la prise en charge d'une chute.
Ce dĂ©sĂ©quilibre a souvent une dimension microbienne : la levure Malassezia, naturellement prĂ©sente sur ton cuir chevelu, peut prolifĂ©rer sur un excĂšs de sĂ©bum et entretenir une micro-inflammation autour du follicule, qui fragilise la pousse Ă bas bruit. Rééquilibrer le microbiote du cuir chevelu compte donc parmi les leviers utiles, au mĂȘme titre que le soin de la fibre et de la racine.
7. Les pathologies auto-immunes et les chocs infectieux
Plus rares mais bien rĂ©elles, certaines causes relĂšvent du mĂ©dical. La pelade est une maladie auto-immune au cours de laquelle le systĂšme immunitaire s'attaque aux follicules, crĂ©ant des plaques nettes et lisses, sans cheveux. Une infection aiguĂ« ou une forte fiĂšvre, comme lors d'une grippe ou d'une COVID-19, peut Ă©galement dĂ©clencher une chute diffuse deux Ă trois mois plus tard, sur le mĂȘme mĂ©canisme que le stress. DĂšs que la chute prend la forme de plaques bien dĂ©limitĂ©es ou s'accompagne de douleurs, de rougeurs ou de dĂ©mangeaisons du cuir chevelu, un avis dermatologique s'impose pour poser un diagnostic prĂ©cis.

Quelles solutions pour freiner la chute et relancer la repousse ?
Une fois la cause identifiĂ©e, l'approche la plus efficace agit sur deux fronts en mĂȘme temps : de l'intĂ©rieur, pour nourrir le follicule et corriger ce qui dĂ©sĂ©quilibre le cycle, et de l'extĂ©rieur, pour stimuler directement la racine.
La micronutrition ciblée, pour relancer le bulbe de l'intérieur
Nourrir le cheveu par l'intérieur reste le levier le plus déterminant sur une chute durable. Une cure de compléments alimentaires apporte les acides aminés soufrés précurseurs de la kératine (cystéine, méthionine), les minéraux et vitamines qui soutiennent le follicule (zinc, sélénium, biotine si carence), et des actifs végétaux qui agissent sur la cause hormonale. Le palmier de Floride, par exemple, aide à moduler la DHT en freinant l'enzyme 5-alpha-réductase, ce qui en fait un allié précieux des chutes d'origine hormonale (4). Un cheveu poussant selon un cycle long, il faut compter trois mois de cure, soit un cycle capillaire complet, pour juger des premiers résultats.
Les soins locaux et le massage du cuir chevelu
En complément, un sérum stimulant appliqué directement sur le cuir chevelu prolonge la phase de croissance et renforce l'ancrage du cheveu, tandis que le massage mécanique réactive la microcirculation qui irrigue le bulbe. C'est la combinaison des deux actions, interne et locale, qui donne les résultats les plus visibles sur la densité.
Quand consulter un spécialiste ?
Certaines situations demandent un avis professionnel sans attendre : une chute qui se prolonge au-delà de trois mois, des zones nettement clairsemées, une raie qui s'élargit, ou encore des plaques, des douleurs ou des démangeaisons. Un bilan sanguin et, si besoin, un rendez-vous chez le dermatologue permettent alors de poser un diagnostic précis et d'écarter une cause médicale sous-jacente. Tu peux aussi envisager de réaliser un test Homa si tu te poses la question SMOP (SOPK).
Une chute de cheveux importante est trĂšs frustrante pour la plupart des femmes, tant c'est un signe de fĂ©minitĂ© qui compte. Mais dans l'immense majoritĂ© des cas, elle raconte quelque chose de ton corps, un stress, une transition hormonale, une carence, et se rĂ©sorbe dĂšs lors que sa cause est prise en charge. Le maĂźtre mot est la patience, car le cheveu pousse Ă son rythme. Avec le bon diagnostic et un peu de constance, tu as toutes les cartes en main pour retrouver une chevelure dense et en bonne santĂ© đ
- Follicule pileux : c'est la petite structure de la peau dans laquelle le cheveu prend racine et se fabrique, ce qui explique pourquoi tout ce qui la fragilise se traduit par une chute.
- Ferritine : c'est la forme de rĂ©serve du fer dans ton organisme, ce qui explique pourquoi un taux bas peut provoquer une chute mĂȘme quand ta prise de sang classique semble normale.
- DHT (dihydrotestostĂ©rone) : c'est une forme active de la testostĂ©rone qui miniaturise les follicules sensibles, ce qui explique pourquoi elle est au cĆur de l'alopĂ©cie androgĂ©nĂ©tique.
- Alopécie de traction : c'est une chute liée à une tension mécanique répétée sur les cheveux, ce qui explique pourquoi elle touche surtout le pourtour du visage.
- SHBG : c'est la protéine qui transporte et neutralise la testostérone dans le sang, ce qui explique pourquoi sa baisse laisse circuler plus d'androgÚnes actifs.
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