Sommaire
- 01. Prolactine et fertilité : quel est le rôle de cette hormone ?
- 02. Pourquoi une prolactine élevée bloque-t-elle la grossesse ?
- 03. Quels sont les symptômes d'un taux de prolactine trop haut ?
- 04. Quelles sont les causes d'une hyperprolactinémie ?
- 05. Comment faire baisser la prolactine pour tomber enceinte ?
- 06. Une prolactine élevée se résout facilement
L'hyperprolactinémie est une cause fréquente d'infertilité chez les femmes âgées de 25 à 35 ans (1). La bonne nouvelle, c'est qu'elle compte aussi parmi celles que la médecine sait le mieux corriger. Dans cet article, nous t'expliquons comment cette hormone perturbe ton ovulation, comment en trouver la cause et surtout comment retrouver des cycles propices à une grossesse.
Prolactine et fertilité : quel est le rôle de cette hormone ?
La prolactine est produite par ton hypophyse, une petite glande située à la base du cerveau. Son rôle principal est de déclencher et d'entretenir la production de lait après l'accouchement, c'est pourquoi son taux grimpe naturellement pendant la grossesse puis reste élevé tant que tu allaites.
En dehors de ces deux périodes, ton organisme n'a aucune raison d'en produire beaucoup, si bien que ton hypothalamus la maintient sous contrôle en libérant de la dopamine, qui agit comme un frein permanent sur sa sécrétion (2). Tant que ce frein fonctionne, ton taux reste bas, généralement sous la barre des 25 ng/mL selon les normes de la plupart des laboratoires.
L'hypothalamus et l'hypophyse forment l'axe hypothalamo-hypophysaire, qui pilote aussi ton cycle menstruel en envoyant aux ovaires les signaux nécessaires à l'ovulation. La prolactine et ton ovulation sont donc commandées depuis le même centre de contrôle, ce qui explique pourquoi un excès de l'une finit par dérégler l'autre.
La prolactine est aussi très sensible au stress, qu'il soit physique ou émotionnel (2). Prendre soin de ton système nerveux fait donc pleinement partie de l'accompagnement, par exemple avec un magnésium bisglycinate associé à la vitamine B6, deux nutriments qui contribuent au fonctionnement normal du système nerveux. Leur association s'est d'ailleurs montrée plus efficace que le magnésium seul chez des adultes très stressés et carencés en magnésium (3).

Pourquoi une prolactine élevée bloque-t-elle la grossesse ?
Quand ta prolactine est trop haute, elle agit directement sur des neurones de l'hypothalamus appelés neurones à kisspeptine, qui commandent la libération de la GnRH. Une équipe de l'Inserm a montré qu'un excès de prolactine réduit la production de kisspeptine, ce qui diminue la GnRH puis la sécrétion de FSH et de LH par l'hypophyse (1). Privés de ces deux signaux, tes ovaires ne reçoivent plus l'ordre de faire mûrir un follicule puis de le libérer.
Selon l'intensité du déséquilibre, les conséquences sur ta fertilité peuvent prendre trois formes :
- l'anovulation, c'est-à-dire un cycle sans ovulation, où aucun ovule n'est libéré et où une grossesse est donc impossible ce mois-là
- la dysovulation, une ovulation qui a bien lieu mais avec un follicule de moins bonne qualité
- une phase lutéale trop courte, qui laisse trop peu de temps à la progestérone pour préparer ta muqueuse utérine et gêne la nidation de l'embryon
Ce blocage est transitoire et réversible : dès que ton taux de prolactine redescend, ton cerveau relâche le frein et l'ovulation peut reprendre. Sous traitement, la grande majorité des femmes concernées retrouvent d'ailleurs des cycles ovulatoires (4).
Pendant que ton médecin recherche la cause de cet excès, tu peux accompagner ton équilibre hormonal avec un complexe d'inositols enrichi en vitamine B6 et en folates. La vitamine B6 contribue à réguler l'activité hormonale, tandis que la vitamine B9 participe à la croissance des tissus maternels pendant la grossesse, ce qui en fait un apport précieux dès que tu as un projet bébé.
Quels sont les symptômes d'un taux de prolactine trop haut ?
Des cycles irréguliers ou absents
C'est le signe le plus fréquent et souvent celui qui pousse à faire un bilan : tes cycles s'allongent, deviennent imprévisibles ou tes règles disparaissent complètement pendant plusieurs mois. Comme des cycles irréguliers peuvent aussi évoquer un SMOP, le dosage de la prolactine fait partie des examens de base que ton médecin prescrit pour faire la différence entre les deux.
Un écoulement de lait en dehors de l'allaitement
On parle de galactorrhée lorsqu'un liquide blanchâtre s'écoule d'un ou des deux seins, spontanément ou quand tu appuies sur le mamelon, alors que tu n'allaites pas. Ce symptôme n'est pas présent chez toutes les femmes, mais lorsqu'il apparaît, il oriente très fortement vers une prolactine élevée.
Une baisse de libido et une sécheresse vaginale
En freinant ton axe hormonal, l'excès de prolactine fait aussi baisser tes œstrogènes (2). Cette chute peut entraîner une sécheresse vaginale et une libido en berne, qui s'expliquent donc par un mécanisme hormonal bien réel et qui s'améliorent en général quand le taux se normalise.
Des maux de tête ou des troubles de la vision
Plus rarement, un prolactinome de grande taille peut comprimer les structures voisines et provoquer des maux de tête inhabituels ou une gêne visuelle. Si tu ressens ces symptômes, parles-en rapidement à ton médecin afin qu'il puisse prescrire les examens adaptés.
Enfin, certaines femmes ne ressentent aucun symptôme particulier, et c'est uniquement le bilan sanguin qui révèle l'hyperprolactinémie.
Quelles sont les causes d'une hyperprolactinémie ?
Le stress
Un stress émotionnel intense, un manque de sommeil, un entraînement sportif très soutenu ou même l'appréhension de la prise de sang peuvent suffire à faire monter ta prolactine (2). Le stress agit d'ailleurs sur plusieurs maillons de ton cycle à la fois, et il peut aussi retarder tes règles. Dans ce cas, l'élévation reste le plus souvent modérée et diminue quand la pression retombe.
Certains médicaments
Plusieurs traitements lèvent le frein dopaminergique et font grimper la prolactine, notamment les neuroleptiques, certains antidépresseurs, des anti-nauséeux comme le métoclopramide ou la dompéridone, ainsi que quelques antihypertenseurs comme le vérapamil (2). Si tu prends l'un de ces traitements, ne l'arrête jamais de toi-même : parles-en au médecin qui te l'a prescrit, car il existe souvent des alternatives.
Le prolactinome
Le mot peut faire peur, pourtant un prolactinome est une tumeur bénigne de l'hypophyse, et non un cancer. Chez la femme, il s'agit le plus souvent d'un microprolactinome, qui mesure moins d'un centimètre et qui répond très bien au traitement médicamenteux (5). Une IRM de l'hypophyse permet de le confirmer ou de l'écarter.
La thyroïde
En cas d'hypothyroïdie, ton hypothalamus sécrète davantage de TRH pour stimuler ta thyroïde, et cette hormone stimule aussi la production de prolactine au passage. Traiter la thyroïde suffit alors en général à normaliser la prolactine (2), c'est pourquoi ton médecin vérifiera ta TSH en même temps.
Bon à savoir : un seul dosage élevé ne suffit pas toujours à conclure
Le stress de la piqûre, une stimulation des seins dans les heures qui précèdent ou un effort physique juste avant le prélèvement peuvent faire monter ta prolactine de façon passagère. Si ton taux est à peine au-dessus des normes et que tu ne ressens aucun symptôme, ton médecin pourra refaire le dosage au calme et rechercher la macroprolactine, une forme de prolactine détectée par la prise de sang mais sans effet sur ton ovulation (2). Pour mettre toutes les chances de ton côté, fais ta prise de sang le matin, après quelques minutes de repos.
Comment faire baisser la prolactine pour tomber enceinte ?
La prise en charge médicale
Ton gynécologue ou ton endocrinologue commence par traiter la cause identifiée, en ajustant un traitement en cours ou en corrigeant une hypothyroïdie. Lorsque l'hyperprolactinémie est liée à un prolactinome ou qu'aucune cause n'est retrouvée, il peut prescrire un traitement spécifique, qui imite l'action de la dopamine pour refreiner la sécrétion de prolactine.
Ces traitements sont très efficaces : sous cabergoline, plus de huit femmes sur dix retrouvent une prolactine normale et plus de sept sur dix retrouvent des cycles ovulatoires ou débutent une grossesse (4). En cas de microprolactinome, le traitement est le plus souvent arrêté dès que la grossesse est confirmée, selon les indications de ton médecin qui assurera le suivi (5).
Apaiser ton système nerveux
Puisque la prolactine réagit au stress, chaque moment de détente compte. La cohérence cardiaque, pratiquée trois fois par jour pendant cinq minutes, la méditation ou la respiration abdominale aident ton organisme à sortir de l'état d'alerte. Veille aussi à ton sommeil, car une nuit trop courte est un stress physique à part entière, et continue de soutenir ton système nerveux avec le magnésium et la vitamine B6 dont nous parlions plus haut.

Adapter ton alimentation
Certains aliments et plantes sont dits galactogènes, c'est-à-dire traditionnellement utilisés pour favoriser la montée de lait. Tant que ta prolactine est élevée, nous te conseillons par précaution de limiter le fenouil, le fenugrec et le malt d'orge, présent notamment dans la bière, ce qui t'amène au passage à réduire l'alcool.
💡Bon à savoir
En parcourant nos produits, tu croiseras peut-être Harmonie du Cycle ou Projet Bébé, qui accompagnent respectivement le cycle et le projet de grossesse. Tant que ta prolactine est élevée, nous te déconseillons pourtant de les prendre, car chacun contient une plante galactogène : le fenouil pour Harmonie du Cycle et le shatavari pour Projet Bébé, dont l'effet stimulant sur la prolactine a été observé dans des études (6). Une fois ton taux revenu dans les normes, tu pourras en reparler avec ton médecin pour la suite de ton projet bébé.
Bouger sans t'épuiser
L'activité physique reste une alliée précieuse, mais les entraînements très intenses ou trop longs font monter la prolactine de façon passagère. Privilégie une activité régulière et modérée comme la marche rapide, la natation, le yoga ou un renforcement musculaire doux, qui te procurent de l'énergie sans épuiser ton organisme.
Surveiller le retour de ton ovulation
Une fois la prise en charge lancée, observer ton cycle t'aide à repérer les signes d'une ovulation qui revient. L'apparition d'une glaire cervicale filante et transparente au milieu du cycle est l'un des indices les plus simples à suivre, et c'est souvent l'un des premiers signes encourageants que ton axe hormonal se remet en route.
Une prolactine élevée se résout facilement
Découvrir une prolactine élevée au moment où tu rêves d'une grossesse peut te donner l'impression de faire face à un obstacle difficile à surmonter. On te rassure tout de suite, c'est l'un des déséquilibres hormonaux dont la cause se trouve le plus facilement et qui se corrige le mieux. Avec un bon diagnostic, un traitement adapté et une hygiène de vie qui apaise ton organisme, nous sommes convaincus que ton projet bébé a toutes les raisons d'avancer 💜
- Agoniste dopaminergique : c'est un médicament qui imite l'action de la dopamine sur l'hypophyse, ce qui explique pourquoi il fait baisser la prolactine en quelques semaines.
- Anovulation : c'est l'absence d'ovulation au cours d'un cycle, ce qui explique pourquoi une grossesse est impossible ce mois-là même si tu as des saignements.
- Galactogène : c'est un aliment ou une plante qui favorise la production de lait, ce qui explique pourquoi on les évite quand la prolactine est déjà trop haute.
- Galactorrhée : c'est un écoulement de lait par le mamelon en dehors de l'allaitement, ce qui en fait l'un des signes les plus évocateurs d'une prolactine élevée.
- Macroprolactine : c'est une forme de prolactine liée à des anticorps que la prise de sang détecte mais qui n'agit pas sur l'ovulation, ce qui explique certains faux résultats élevés.
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