Fertilité

Tomber enceinte naturellement malgré une réserve ovarienne faible

Mis à jour le
Résumé

Une réserve ovarienne faible réduit le nombre d’ovocytes disponibles, mais elle ne dit rien de leur qualité, et un seul ovocyte de bonne qualité suffit à chaque cycle pour concevoir. Pour maximiser tes chances naturellement, tout se joue pendant les trois mois de maturation qui précèdent l’ovulation :

  • Une alimentation anti-inflammatoire ou méditérranéenne
  • Te sentir apaisée ou en tout cas minimiser ton stress
  • Pratiquer une activité physique modérée
  • Avoir recours à une micronutrition ciblée : coenzyme Q10, myo-inositol, vitamine B9 méthylée, antioxydants

Sommaire

  1. 01. Réserve ovarienne basse : pourquoi la qualité compte plus que la quantité
  2. 02. Le plan en 4 étapes pour soutenir la qualité de tes ovocytes naturellement
  3. 03. Faut-il envisager une PMA ?
  4. 04. Reprendre la main sur ta fertilité

Dans cet article, on va voir pourquoi une réserve ovarienne faible ne ferme pas la porte à une grossesse spontanée, puis nous te donnons un plan en quatre étapes pour soutenir la qualité de tes ovocytes pendant les trois mois qui comptent le plus.

Réserve ovarienne basse : pourquoi la qualité compte plus que la quantité

La réserve ovarienne correspond au stock de follicules encore présents dans tes ovaires. On l’évalue principalement grâce au dosage de l’AMH et au compte des follicules antraux réalisé à l’échographie, deux indicateurs qui renseignent sur la quantité d’ovocytes disponibles, mais pas sur leur qualité.

C’est une nuance essentielle, car une AMH basse ne permet pas de prédire tes chances de concevoir naturellement dans les mois qui viennent (1). Une réserve diminuée n’est donc ni un diagnostic d’infertilité, ni une insuffisance ovarienne prématurée, cette situation beaucoup plus rare où les ovaires cessent de fonctionner normalement avant 40 ans.

Chaque mois, ton corps ne sélectionne de toute façon qu’un seul follicule pour ovuler, que ta réserve soit abondante ou non. Pour concevoir, tu n’as besoin que d’un ovocyte de bonne qualité au bon moment, et c’est précisément sur cette qualité que tu disposes d’une vraie marge de manœuvre.

90 jours pour améliorer ta qualité ovocytaire

L’ovocyte qui sera libéré lors de ta prochaine ovulation ne se prépare pas en quelques jours. Il faut environ trois cycles, soit près de 85 jours, pour qu’un follicule passe du stade préantral à la taille ovulatoire (2), la toute dernière ligne droite correspondant à ta phase folliculaire.

Pendant toute cette période, l’ovocyte grandit dans un environnement qui dépend en partie de ce que tu lui apportes : nutriments, énergie, niveau de stress oxydatif, qualité du sommeil. Les habitudes que tu mets en place aujourd’hui influencent donc l’ovocyte que tu libéreras dans trois mois.

C’est aussi la raison pour laquelle les compléments alimentaires pensés pour les difficultés à concevoir s’envisagent sur une cure d’au moins trois mois, puisque c’est le temps nécessaire pour accompagner un cycle complet de maturation.

Protocole Projet Bébé - SOVA

Le plan en 4 étapes pour soutenir la qualité de tes ovocytes naturellement

Ces quatre leviers agissent ensemble sur l’environnement de tes ovocytes, et notre article sur la qualité ovocytaire détaille chacun de leurs mécanismes.

Étape 1 : nourrir l’énergie de tes ovocytes

L’ovocyte est la cellule la plus riche en mitochondries de tout l’organisme. Ces petites centrales énergétiques lui fournissent l’énergie dont il a besoin pour mûrir, être fécondé puis assurer les premières divisions de l’embryon, et leur fonctionnement décline avec le vieillissement ovarien (3). La coenzyme Q10 participe directement à cette production d’énergie tout en jouant un rôle d’antioxydant, et c’est l’un des actifs clés de notre Pack Préconception, qui l’associe aux autres nutriments de la fertilité.

Chez les femmes jeunes présentant une réserve ovarienne diminuée, une supplémentation en CoQ10 avant une FIV est associée à une meilleure réponse ovarienne et à des embryons de meilleure qualité (4), et elle est plus largement associée à de meilleurs taux de grossesse clinique en PMA (5).

Les autres nutriments à privilégier pendant ces trois mois sont les suivants :

  • le myo-inositol, dont un taux plus élevé dans le liquide folliculaire est associé à une meilleure qualité ovocytaire (6)
  • la vitamine B9 sous forme méthylée (5-MTHF), directement utilisable par l’organisme, qui joue un rôle dans le processus de division cellulaire et dont la supplémentation est recommandée dès le projet de grossesse
  • le zinc, qui contribue à une fertilité et à une reproduction normales
  • les vitamines C et E et le sélénium, qui contribuent à protéger les cellules contre le stress oxydatif

Si tu as un trouble de la thyroïde, parles-en à ton médecin avant de commencer une formule préconception contenant de l’iode, et évite de cumuler plusieurs complexes à base d’inositols.

Étape 2 : adopter une alimentation anti-inflammatoire et stabiliser ta glycémie

Plutôt que de chercher l’aliment miracle, mise sur un modèle alimentaire global. Chez les femmes de moins de 35 ans en FIV, une alimentation de type méditerranéen est associée à de meilleures chances de grossesse (7). Ce modèle rejoint les principes d’une alimentation anti-inflammatoire, que tu peux décliner au quotidien avec ces repères :

  • Des légumes à chaque repas, en particulier les légumes à feuilles vertes riches en folates
  • Des poissons gras deux fois par semaine, des noix et de l’huile de colza pour les oméga-3
  • Des légumineuses et des céréales complètes plutôt que des produits raffinés, pour éviter les pics de glycémie
  • De l’huile d’olive comme matière grasse principale 
  • Moins de produits ultra-transformés et de viande rouge

Côté environnement, limiter ton exposition aux perturbateurs endocriniens fait partie des précautions simples à adopter : évite de chauffer tes aliments dans des contenants en plastique, privilégie le verre ou l’inox et lave soigneusement les fruits et légumes non bio.

Étape 3 : apaiser ton système nerveux pour préserver ton ovulation

Ton cerveau pilote à la fois ta réponse au stress et ton cycle menstruel, par l’intermédiaire de l’hypothalamus. Lorsque le stress devient chronique, cette coordination peut se dérégler, et un niveau de stress élevé est associé à un délai plus long pour concevoir (8).

Avec un diagnostic de réserve faible, la pression de « l’horloge biologique » s’ajoute souvent au reste. L’objectif n’est pas de t’interdire de stresser, ce qui serait culpabilisant, mais de t’offrir chaque jour de vrais moments de récupération :

  • la cohérence cardiaque, trois fois cinq minutes par jour ;
  • un sommeil de sept à neuf heures, avec des horaires aussi réguliers que possible ;
  • des activités douces comme le yoga, la marche ou la natation ;
  • un accompagnement par un psychologue ou un sophrologue si l’anxiété prend trop de place.

Étape 4 : bouger régulièrement sans t’épuiser

Une activité physique modérée améliore la sensibilité à l’insuline, aide à évacuer le stress et favorise un sommeil de qualité, trois leviers qui soutiennent indirectement ta fertilité. L’idéal est de viser environ 30 minutes d’activité modérée la plupart des jours, en choisissant une pratique que tu prends plaisir à retrouver.

À l’inverse, un entraînement très intense associé à des apports alimentaires insuffisants peut perturber l’ovulation, car ton corps interprète ce manque d’énergie comme un signal peu favorable à une grossesse. Pendant ta période de préparation, privilégie donc la régularité plutôt que l’intensité.

Faut-il envisager une PMA ?

Avec une réserve faible, le temps compte davantage, c’est pourquoi il est utile de faire le point avec un gynécologue sans trop attendre. Les recommandations prévoient de consulter après six mois d’essais à partir de 35 ans, et sans attendre lorsqu’un facteur pouvant affecter la fertilité est déjà identifié (9). Ce rendez-vous ne t’engage pas forcément dans un parcours médical, mais il permet de réaliser un bilan complet pour toi et ton partenaire et de choisir la suite en connaissance de cause.

Selon ton âge, la durée de vos essais et les résultats de ce bilan, ton médecin peut te proposer de te tourner vers la procréation médicalement assistée (PMA). Ce terme regroupe plusieurs techniques, de la simple stimulation de l’ovulation jusqu’à la fécondation in vitro (FIV), au cours de laquelle les ovocytes sont recueillis après une stimulation hormonale puis fécondés en laboratoire.

Si cette option se présente, ta préparation naturelle garde tout son sens, car elle ne s’oppose pas à la médecine de la reproduction : les trois mois de préparation profitent aussi aux ovocytes qui seront recueillis lors d’une stimulation. Pense simplement à informer ton équipe médicale des compléments que tu prends, afin qu’elle puisse en tenir compte à chaque étape de ton protocole de PMA.

Reprendre la main sur ta fertilité

Une réserve ovarienne faible réduit le nombre d’ovocytes disponibles, mais elle ne décide pas à ta place de la suite de ton projet. En prenant soin de tes ovocytes pendant les trois mois de leur maturation, tu mets toutes les chances de ton côté, que ta grossesse arrive naturellement ou avec l’aide de la médecine. Ce que nous pouvons te promettre, c’est que chaque habitude installée aujourd’hui travaille pour l’ovocyte de demain. 💜

Lexique
  • AMH (hormone anti-müllérienne) : c’est une hormone produite par les petits follicules de tes ovaires. Son taux reflète le nombre de follicules en réserve, ce qui explique pourquoi elle sert à estimer ta réserve ovarienne mais pas la qualité de tes ovocytes.
  • Réserve ovarienne : c’est le stock de follicules encore présents dans tes ovaires. Il diminue naturellement avec l’âge, ce qui explique pourquoi on l’évalue lorsqu’un projet de grossesse se prolonge.
  • Compte des follicules antraux (CFA) : c’est le nombre de petits follicules visibles à l’échographie en début de cycle. Il complète l’AMH, ce qui explique pourquoi les deux examens sont souvent prescrits ensemble.
  • Coenzyme Q10 : c’est une molécule produite par ton corps qui aide les mitochondries à fabriquer de l’énergie. Sa production baisse avec l’âge, ce qui explique pourquoi on s’y intéresse en préconception.

Références scientifiques

  1. Steiner AZ, Pritchard D, Stanczyk FZ, Kesner JS, Meadows JW, Herring AH, Baird DD. Association Between Biomarkers of Ovarian Reserve and Infertility Among Older Women of Reproductive Age. JAMA. 2017;318(14):1367-1376. doi:10.1001/jama.2017.14588. PMID 29049585. PubMed
  2. Gougeon A. Regulation of ovarian follicular development in primates: facts and hypotheses. Endocrine Reviews. 1996;17(2):121-155. doi:10.1210/edrv-17-2-121. Lien
  3. May-Panloup P, Boucret L, Chao de la Barca JM, Desquiret-Dumas V, Ferré-L’Hotellier V, Morinière C, Descamps P, Procaccio V, Reynier P. Ovarian ageing: the role of mitochondria in oocytes and follicles. Human Reproduction Update. 2016;22(6):725-743. PMID 27562289. PubMed
  4. Xu Y, Nisenblat V, Lu C, Li R, Qiao J, Zhen X, Wang S. Pretreatment with coenzyme Q10 improves ovarian response and embryo quality in low-prognosis young women with decreased ovarian reserve: a randomized controlled trial. Reproductive Biology and Endocrinology. 2018;16(1):29. doi:10.1186/s12958-018-0343-0. PMID 29587861. PubMed
  5. Florou P, Anagnostis P, Theocharis P, Chourdakis M, Goulis DG. Does coenzyme Q10 supplementation improve fertility outcomes in women undergoing assisted reproductive technology procedures? A systematic review and meta-analysis of randomized-controlled trials. Journal of Assisted Reproduction and Genetics. 2020;37(10):2377-2387. doi:10.1007/s10815-020-01906-3. PMID 32767206. PubMed
  6. Chiu TT, Rogers MS, Law EL, Briton-Jones CM, Cheung LP, Haines CJ. Follicular fluid and serum concentrations of myo-inositol in patients undergoing IVF: relationship with oocyte quality. Human Reproduction. 2002;17(6):1591-1596. doi:10.1093/humrep/17.6.1591. PMID 12042283. PubMed
  7. Karayiannis D, Kontogianni MD, Mendorou C, Mastrominas M, Yiannakouris N. Adherence to the Mediterranean diet and IVF success rate among non-obese women attempting fertility. Human Reproduction. 2018;33(3):494-502. doi:10.1093/humrep/dey003. PMID 29390148. PubMed
  8. Lynch CD, Sundaram R, Maisog JM, Sweeney AM, Buck Louis GM. Preconception stress increases the risk of infertility: results from a couple-based prospective cohort study, the LIFE study. Human Reproduction. 2014;29(5):1067-1075. doi:10.1093/humrep/deu032. PMID 24664130. PubMed
  9. Practice Committee of the American Society for Reproductive Medicine. Fertility evaluation of infertile women: a committee opinion. Fertility and Sterility. 2021;116(5):1255-1265. doi:10.1016/j.fertnstert.2021.08.038. PMID 34607703. PubMed
  10. Agarwal A, Mulgund A, Hamada A, Chyatte MR. A unique view on male infertility around the globe. Reproductive Biology and Endocrinology. 2015;13:37. doi:10.1186/s12958-015-0032-1. PMID 25928197. PubMed
  11. Nelson LM. Clinical practice. Primary ovarian insufficiency. New England Journal of Medicine. 2009;360(6):606-614. doi:10.1056/NEJMcp0808697. PMID 19196677. PubMed
  12. European Medicines Agency, Committee on Herbal Medicinal Products (HMPC). European Union herbal monograph on Vitex agnus-castus L., fructus. EMA/HMPC/606742/2017. 2018. Lien
Qui est derrière cet article ?
Partager :
Pourquoi faire confiance à SOVA ?

Plus de 50 000 femmes ont déjà adopté nos routines et nous attribuent une excellente note moyenne de 4,7/5 (3300+ avis). Nos compléments sont formulés dans des laboratoire français, avec des ingrédients clean, soigneusement sourcés, et avec un maximum d'actifs brevetés reconnus pour leur efficacité.

Au service de toutes les femmes

Au service des femmes et de leur santé hormonale. SOVA, c'est la main qu'on aurait aimé avoir à nos côtés depuis le début. Celle qui nous accompagne, que l'on vive avec un SMOP (SOPK), une endométriose, un SPM, en périménopause ou en essai bébé, avec de l'information claire et des produits adaptés, clean et efficaces.

FAQ

Quelles sont les principales causes d’une réserve ovarienne faible ?

L’âge est la première cause de diminution de la réserve ovarienne, mais d’autres facteurs peuvent l’accélérer, comme une prédisposition génétique, une chirurgie des ovaires (par exemple pour un endométriome), une chimiothérapie ou une radiothérapie, ou encore le tabac. Dans certains cas, aucune cause précise n’est retrouvée.

Quelles sont les plantes qui soutiennent la fertilité naturelle ?

Le shatavari, plante phare de la tradition ayurvédique, aide à la prise en charge de la santé du système reproducteur féminin, c’est pourquoi nous l’avons intégré à Projet Bébé.

Comment stimuler l’ovulation naturellement avec une réserve faible ?

Plutôt que de chercher à stimuler tes ovaires, l’enjeu est d’offrir le meilleur environnement possible au follicule qui se prépare. Une alimentation méditerranéenne à index glycémique bas, une micronutrition ciblée (CoQ10, myo-inositol, B9 méthylée, antioxydants), un sommeil régulier et la gestion du stress soutiennent un cycle ovulatoire. Si tes cycles deviennent irréguliers, parles-en rapidement à ton médecin.

Peut-on tomber enceinte avec une insuffisance ovarienne prématurée ?

L’insuffisance ovarienne prématurée (IOP) est une situation distincte d’une réserve ovarienne basse, et il est important de ne pas les confondre. On parle d’IOP lorsque, avant 40 ans, les règles sont absentes depuis au moins quatre mois et que la FSH se situe dans les valeurs de la ménopause à deux dosages espacés d’au moins un mois (12). La fonction ovarienne peut alors reprendre de façon intermittente et imprévisible, ce qui explique qu’environ 5 à 10 % des femmes concernées conçoivent et accouchent après le diagnostic (12). La PMA, et notamment le don d’ovocytes, offre aussi des solutions encadrées.

Ce chiffre ne s’applique donc pas à une réserve ovarienne basse : si tes cycles restent réguliers et ovulatoires, tes chances de grossesse spontanée sont nettement plus élevées et dépendent surtout de ton âge.

Est-il possible de tomber enceinte naturellement avec un taux d’AMH faible ?

Oui, et tant que tes cycles restent ovulatoires, tes chances sont proches de celles des femmes qui ont une AMH normale. Chez des femmes de 30 à 44 ans sans antécédent d’infertilité, environ 65 % de celles qui avaient une AMH basse ont conçu en six cycles d’essais et environ 84 % en douze cycles, des chiffres comparables à ceux observés avec une AMH normale (1). 

Ton pronostic dépend avant tout de ton âge, car c’est lui qui conditionne la qualité de tes ovocytes : la fertilité diminue progressivement à partir de 32 ans environ, puis plus nettement après 37 ans (11).